Potosi, el "Cerro Rico", les mines d'argent... Plantons le décor : 8 millions d'indigènes, d'africains et de prisonniers espagnols ont péris ici pour extraire l'argent des mines et satisfaire la soif de grandeur de la Courronne Espagnol!
Nous ne pouvions donc pas visiter Potosi sans visiter les Mines et la "Casa de la Moneda" où, pendant prêt de 4 siècles, ont été frappées, toutes les pièces d'argent en partance pour l'Europe. Une telle productivité, que la légende dit qu'elle aurait pu permettre la construction d'un pont d'argent jusqu'à l'Espagne.
La ville de Potosi est née et a prospéré de l'exploitation des mines. Aujourd'hui, la richesse de jadis est encore perceptible avec ses nombreuses églises, monuments et bâtisses coloniales au balcon de bois. Même si de nombreuses façades demanderaient à être rafraîchies (et les fils électriques camouflés!), les petites rues piétonnes pavées sont bien jolies.
Dans les couloirs exiguës de la mine, pas toujours ventilés, parfois très chaud et souvent malodorant, nous avons rencontré "el Tio", le "Dieu" sous terre, imposé comme tel par les Espagnols. Il prend la représentation du Diable Andin avec des cornes, de gros yeux ronds, un coeur en argent, une (au risque de paraître vulgaire) "énorme bite" (mais regardez la photo et vous verrez que je ne ments pas!) et des bottes de mineur. Il forme un couple avec la Pachamama (Terre Nourricière) duquel né le précieux minerai. Les femmes sont d'ailleurs interdites dans la mine au risque de séduire El Tio est de provoquer les foudres de la Pachamama, faisant disparaître les filons d'Argent. Chaque semaine, les mineurs procèdent à des rituels cérémonials, apportant des offrandes au Tio (feuilles de Coca, cigarettes, alcool et parfois fœtus de llama) et s'ennivrant, tout en implorant sa clémence et la découverte de filons d'argent...
Les mineurs mastiquent énormément de Coca (nos guides, ex-mineurs, nous en ont fait une belle démonstration!) qu'ils mélangent à une pâte de quinoa (le liant) et à de l'alcool à 96d!!! Pouaaaaaah! D'ailleurs, la Coca, dans un premier temps interdite par les Espagnols, a finalement été autorisée lorsqu'ils ont compris qu'elle permettait de mieux suporter les conditions de travail dans la mine : effet excitant, coupe fin et bénéfices pour l'altitude!
Les premiers esclaves travaillaient selon le principe de la "mitad", soit 12h de travail, 12h de repos, mais sans jamais sortir de la mine pendant 6 mois. Et dire qu'après 1h30 de visite, cela devenait oppressant, je n'ose même pas imaginer leur calvaire!
Malheureusement, nous n'avons pas rencontrés de mineurs (nous étions samedi après-midi). Aujourd'hui, 5000 mineurs travaillent ici, contre 20 000 il y a 4 ans. La dévaluation du prix du minerai a réduit considérablement le nombre de mineurs. Depuis les années 1950, la mine leur appartient et ils s'organisent en coopératives (une cinquantaine). Aujourd'hui, ils sont à la recherche de nouvelles montagnes à exploités car continuer à exploiter le Cerro Rico reviendrait à le faire à ciel ouvert et à défigurer la montagne au gros potentiel touristique (Patrimoine mondial de l'UNESCO)!
Aujourd'hui les pièces boliviennes sont fabriquées au Chili et les billets... en France!
La visite de la magnifique "Casa de la Moneda" (Maison de la Monnaie) nous a permis de découvrir les laminoirs, les machines de découpe et de frappe des "Potosi" (pièces d'argent). L'édifice de plus de 7000m2 et 150 pièces a permis la conservation sur place de toutes les machines. Nous avons donc pu observer l'évolution des machines, de celles fonctionnant à l'aide d'animaux, aux machines à vapeurs et enfin électriques. Bien que n'ayant pas payer le droit aux photos, nous n'avons pas résister à l'envie de faire quelques photos "clandestines" juste pour vous.
Potosi aura été un vrai coup de coeur!!!
Pour ceux que l'histoire de Potosi intriguent, je vous conseille la lecture du livre de Anne Sibran "Dans la montagne d'Argent" ou de son adaptation BD "Le monde de dessous" de Didier Tronchet.
Photos à venir... petit problème technique
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