Voilà de quoi vous distraire un bon moment. Installez-vous bien
et bonne lecture ;-)
Un livre de
trekking (Les Andes Guide de Trekking), une idée émise par Carine et qui tout
de suite me fera briller les yeux. Nous voilà avec un « trek » en
tête, pour ne pas dire une expédition. Partir autour des massifs du Fitzroy et
du Cerro Torre en passant par le Campo de Hielo (Champ de glace au Sud de la
Patagonie, la troisième calotte glacière au monde après l’Antarctique et le
Groenland).
Pour ce faire, nous
avons quelque peu anticipé et ma maman nous a ramené du matériel de France
(GPS, corde, baudrier,…). En effet, la technicité du trek n’est pas extrême
mais l’orientation et une météo clémente sont des conditions sine qua non pour
sa réussite, avec biensûr une bonne condition physique.
Après
s’être bien mis en jambe autour du Massif du Paine, nous voilà dans un bus
direction El Chalten. El Chalten, c’est le nom du village mais aussi le nom
originel du Fitzroy (3409m). Cela signifie « la montagne qui fume ».
Les Telhueches (peuple originel de la Patagonie) l’ont appelé ainsi en
référence aux nuages présents en quasi permence à sa cime. Longtemps, ils ont
crus qu’il s’agissait d’un volcan. C’est Perito Moreno qui l’a ensuite rebaptisé
en l’honneur du célèbre capitaine du Beagle, venu lui aussi exploré la région.
Son non originel, lui a été réattribué et on trouve dorénavant les 2 noms
accolés Fitzroy-Chalten.
Dès
notre arrivée, on en prend plein les yeux avec le Fitzroy illuminé sous un beau
soleil. On se trouve une auberge, et hop, nous voilà parti s’enregistrer auprès
des gardiens du parc pour des raisons de sécurité. Première information, il
faut que l’on se trouve une « boite à caca ». Interdiction formelle
de déféquer sur le Campo Hielo ! Nous trouverons notre bonheur dans une
quincaillerie en achetant un tube PVC et deux bouchons. Ceci n’était pas la
partie la plus difficile. Un premier magasin, puis un deuxième, puis un troisième,
les heures passent et nous ne trouvons qu’une partie des équipements
nécessaires, à droite à gauche. Aucun loueur ne possède l’ensemble de ce qu’il
nous faut (tente d’expé, raquettes, crampons, piolets, traineau). 19h et nous
voilà chez un guide qui possède quasi tout sauf les chaussures. L’aventure
prend ici un point de non retour, on loue tout ce qu’il faut et on y va.
Oups,
j’oubliais un point et pas des moindres, les sacs il faut les remplir de
nourriture pour les 6 jours plus quelques jours supplémentaires si le temps
nous bloque au milieu de nul part … C’est très lourd et l’inquiétude est dans
nos esprits, est-ce bien raisonnable tout cela avec ma maman qui a entre 63 et
65 ans !
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| Bel accueil |
Jours 1 :
Samedi
matin, on charge les sacs dans le taxi pour rejoindre notre point de départ et
en avant pour 6 jours minimum 70 km et 2200 de dénivelé positif.
Ce
matin le soleil brille, les prévisions météos sont plutôt bonnes pour les jours
qui viennent sauf le deuxième où on nous annonce un peu de pluie.
La
matinée se déroule en sous bois, où le vent souffle déjà bien au dessus de nos
têtes. Midi nous arrivons au refuge Los Troncos – Piedra del Fraile. Ici
nous devons nous alléger d’un droit de passage, car nous sommes sur une
propriété privée (40 Euros par personnes). Nous repartons en direction de notre
premier bivouac, la Playita avec un peu de pluie et cette fois le vent bien
dans la figure. Très vite nous serons très humide (pour ne pas dire
complètement trempés) sans compter la traversée obligatoire d’une rivière bien
mouvementée. On se déchausse, et on traverse tant bien que mal, sauf pour
mamoune qui se payera le luxe d’un bon bain écossais (eau très froide, venant
directement des glaciers). L’inquiétude ressurgie rapidement car nous voilà
trempés dès le premier jour. On ne se laisse pas envahir par le stress, nous
continuons jusqu’au camp où l’on se cachera rapidement dans notre tente afin de
se mettre au chaud : pour la suite, on verra demain.
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| Refuge Piedra del Fraile |
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| Et une petite pluie ! |
Jour 2 :
Il
n’est pas question de partir trempés, ce matin la pluie tombe toujours, notre
tente étendage n’est pas des plus efficace, donc on attend le soleil. Un petit
déj frugale… nous nous restreignons pour garder des « cartouches » en
cas de mauvais temps sur le Hielo. Une bonne sieste, et oui on met le temps à
profit ! 11h30 le soleil pointe le bout de son nez. L’après-midi bien
ensoleillée nous boost, nos affaires sont de nouveaux sèches. Une balade de
reconnaissance histoire de se dégourdir les jambes et un bon dodo pour attaquer
la journée la plus « technique ».
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| On rationne. |
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| Retour du soleil. |
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| Bivouac de la Playita |
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| Le beau granite du Fitzroy |
Jour 3 :
Direction
le col Marconi qui sera notre porte d’entrée sur le campo : enfin si tout
va bien !!
Nous
rejoignons assez vite le glacier que nous quittons pour éviter une zone de
chute de séracs. Ça ne fait d’ailleurs pas semblant de tomber ! Une
grimpette assez facile dans des éboulis, une traversée exposée sur du caillou
tout mouillé par les petites cascades, et nous chaussons nos raquettes pour
rejoindre le col. J’allais oublier, la boite à caca, et la hantise de
cacahouète de s’en servir. Et bien elle fût inaugurée par Madame dès les
premiers mètres sur le glacier, ce qui lui donnera l’occasion de la porter
jusqu’au bout ! L’eau de la fonte des glacier n’ai pas bonne pour les
intestins !
A
ce niveau de la course, nous rejoignons un groupe de 8 personnes avec guide,
avec qui nous partagerons le bivouac du troisième soir. Vue panoramique sur le
Campo, il sort juste des wouahhh de notre bouche, on se sent tout petit petit
petit.
Le
soleil brillera jusqu’au bout de cette journée (21h30) pour nous laisser profiter
de la beauté des lieux, à notre grand plaisir.
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| Tête du matin ... |
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| ... tête qui va bien. |
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| Levé de soleil |
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| direction le col Marconi |
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| Glacier Marconi |
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| Aguja Pollone |
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| La boite à KK, la boite KK ... |
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| Bivouac face au Campo. |
Jour 4 :
Le
réveil sonne à 5h15, la veille nos voisins nous partagent le bulletin météo qui
annonce une belle journée avec un peu de vent avant l’arrivée de la pluie pour
le lendemain. Nous décidons donc de doubler l’étape pour sortir du Campo avant
l’arrivée du mauvais temps.
Nous
longeons le cordon Marconi, sans les sacs lourds cette fois. Nous nous sommes
équipés d’un joli traineau qui soulagera bien nos épaules pour cette grande
journée. Nous avançons dans l’immensité
du glacier, source de tous les glaciers notamment celui du Perito
Moreno.
Les
montagnes se découvrent et s’illuminent petit à petit jusqu'à rejoindre le Circos
de los Altares. Mirador, et camp de base
de premier choix pour les aiguilles du Cerro Torre. Nous en profitons
longuement mais fraichement, le vent se lève déjà, le temps de notre
casse-croute.
Le
bouton de l’appareil photo chauffe, mais il faut avancer. Le métronome qu’est
ma maman est impressionnant de régularité et de robustesse. La sortie du
glacier se profile et s’est avec un vent violent que nous rechargeons nos sacs
pour trouver le camp de bivouac. Les corps sont fatigués, le vent n’aide
vraiment pas et une petite erreur d’orientation n’arrange pas les esprits.
Après s’être fourvoyé, nous reperrons un emplacement pour la nuit.
Le
montage de la tente sera épique, pour ne pas dire énervant. Le vent est
vraiment pénible, on se protège comme on peut en faisant des murs de pierres
autour de la tente.
La
pluie arrive mais nous sommes déjà caché dans la tente. On se rend de nouveau
compte de la force des éléments et ne regrettons pas d’avoir loué une vraie
bonne tente d’expédition.
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| De la glace, beaucoup de glace. |
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| En mode traineau |
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| Le Cerro Torre |
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| Des nuages sculptent le ciel |
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| On était pas tout seul, mais il n' y a pas grand monde. |
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| Sommet du Cerro Torre dans les nuages. |
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| Cirque de los Altares |
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| L'age de glace ;-) |
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| Fin du Campo, début du glacier Viedma |
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| Vive le vent !! |
Jour 5 :
C’est
dans un décor plus minéral que nous poursuivons notre route accompagnée d’un
ciel plutôt clair. Nous faisons halte à la laguna Ferrari pour reprendre des
forces avant de passer le deuxième et dernier col de notre route, le Passo Del
Viento.
De
là, les esprits beaucoup plus tranquilles par rapport à l’engagement dû aux
conditions météo, nous nous laissons aller à notre joie et nos sourires. Nous
nous rendons comptes de l’aventure des jours passés et de la chance que nous
avons.
La
vie animale et végétale reprend tout doucement ses droits, et le décor reste
splendide, lagunes, glaciers, sommets.
Nous
trouvons un excellent emplacement pour passer notre dernière nuit. Une petite
douche, un bon repas, et nous voilà requinqués.
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| Laguna del los Esquies |
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| Passo del Viento |
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| Tous bien content :-) |
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| Glacier Rio Tunel supérieur |
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| Glacier Rio Tunel inférieur |
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| Ca sèche. |
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| Toujours des nuages sympathiques |
Jour 6 :
Dernière
étape, avec encore des premières pour ma mamoune qui continue de nous
impressionner, une belle tyrolienne au dessus d’un torrent bien puissant.
Le
Printemps bat son plein sur ce versant, la verdure, les fleurs, tout est
différent mais toujours aussi paisible.
Malgré
la fatigue bien présente, nous profitons des paysages somptueux avec l’autre
versant des Cerro Torre et du Fitzroy qui nous accompagnent jusqu’au retour à
El Chalten.
Nous
posons enfin les sacs après cette étape longue de 11 heures. Nous voilà bien
fatigués mais bien heureux. Si vous avez une petite dizaine de jours à perdre
en Patagonie je vous recommande fortement cette escapade :-p
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| Au petit dej' |
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| Première tyrolienne pour Maman |
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| Retour du printemps, de la faune et de la flore |
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| Fitzroy |
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| Cerro Torre |
La classe, ca fait bien rêver tout ca!
RépondreSupprimerRégis
Ça fait rêver toutes ces belles images.... Profitez bien ��
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